Des réflexions qui trouvent une application pratique immédiate

Par : Franck Rolland, Étudiant en 6ème année de médecine, faculté de médecine Paris-Sud / Paris-Saclay, président de l’association Les Penseurs de Plaies | Publié le : 12 Septembre 2016

Quand on s’engage dans des études de santé, et notamment en médecine où le cursus est long, on se confronte sans cesse à des situations humaines, dans tout ce qu’elles ont de complexe, de beau, de fascinant, d’inquiétant et de révoltant à la fois. Autant le beau et la fascination suscitent une forme d’émerveillement, autant l’inquiétude, la complexité et la révolte imposent une certaine réflexion. Et cette réflexion doit déboucher sur du sens.
Suivre un master d’éthique à l’Espace éthique m’a permis de développer cette réflexion, sans perdre contact avec le concret du soignant, son quotidien. J’ai pu acquérir de nombreux outils pour aiguiser ce sens. J’ai aussi pris du recul, et saisi les enjeux au moment où, du fait de mes premiers pas dans les services hospitaliers, ils m’apparaissent désormais de manière plus évidente. Ainsi, j’ai pu établir et développer une association « Les Penseurs de Plaies » pour amener les étudiants en santé à s’interroger sur le soin. Et de façon individuelle, les apports de ce master viennent éclairer l’apprenti soignant, entretenant ainsi un regard encore naïf, peut-être, mais apte à voir ce qui se dissimule sous le voile de l’habitude et mérite d’être vu, soulevé et questionné.
Il s’agit aussi de saisir des concepts : la bienveillance, la sollicitude, et nombre d’autres notions parfois empruntées à la philosophie. Ces concepts ne sont pas ésotériques. L’intérêt de suivre sa formation de soignant en parallèle de celle de l’Espace éthique a ceci de particulier que les réflexions menées trouvent une application pratique immédiate, et se vérifient inéluctablement dans le concret. On se met d’autant plus à réfléchir que l’on vit la réflexion chaque jour. En cela, on peut dire que l’on fait réellement de l’éthique.