La bioéthique et ses territoires non-humains

Captation des Entretiens de la bioéthique - La bioéthique et ses territoires non-humains, organisés dans le cadre des États généraux de la bioéthique 2018

Par : Espace éthique/IDF | Publié le : 04 Mai 2018

L'occasion de la révision d'une loi de bioéthique est un moment d'approfondissement et de débat autour de thématiques éthiques liées à nos rapports au vivant dans la perspective d'une législation adaptée aux aspirations et à l'évolution d'une société. Toutefois, le contexte dans lequel cette nouvelle révision intervient nous invite à dépasser la seule analyse thématique. L'approche cloisonnée qui consiste à traiter chaque problème individuellement comme addition de "problèmes bioéthiques" n'est plus suffisante, elle manque une cible essentielle de la bioéthique qui est d'interroger de façon transversale les conditions de possibilité d'une existence véritablement humaine sur Terre. Un tel constat doit nous inviter à dépasser la seule applicabilité de grands principes à des cas nouveaux pour explorer plus fondamentalement et de façon transversale les territoires mouvants de la bioéthique. Ainsi les territoires de la bioéthique se re-dessinent conjointement à notre attention quant au caractère mouvant des frontières du vivant (humain et non-humain). Interroger ces déplacements, c'est donc inviter à la table du débat public des acteurs qui en sont habituellement exclus ou marginalisés, c'est prendre au sérieux des préoccupations souvent oubliées de la bioéthique, ici celle de nos relations à l'environnement et aux animaux qui impliquent d'inscrire la bioéthique dans un nouvel horizon de sens.
 
Intervenants
Pierre-Henri GOUYON
Biologiste spécialisé en sciences de l'évolution, en génétique, en botanique, et en écologie
 
Jean-Cassien BILLIER 
Maître de conférences de philosophie politique et philosophie morale à l'université Sorbonne Université