Le sens des mots : "Précoce"

"Parmi tous les mots qui touchent au thème de cette université d'été, celui qui cristallise nos réflexions est celui de « précoce ». Comme un fil d'Ariane, il nous guide sur un terrain complexe plein de difficultés et d'ambiguïtés."

Par : Armelle Debru, Professeur d’histoire de la médecine, université Paris Descartes, Espace éthique/IDF | Publié le : 18 Novembre 2013

Intervention enregistrée dans le cadre de l'Université d'été Alzheimer, éthique et société 2013 des 17, 18, 19 et 20  septembre 2013 à Lille.

Qu'avons nous à attendre d'un diagnostic précoce, et même très précoce ? Quels sont les gains ou les pertes d'un tel savoir, en image, en confiance, en possibilité d'action, en dignité ? Quand les impressions deviennent des indices, que l'intuition vive ou floue se renforce et que le soupçon pour nous-mêmes ou un proche devient lancinant, avons-nous envie de raccourcir le temps du vivre dans une certaine insouciance ? Voulons-nous vraiment « savoir » pour nous soulager de l'incertitude, quitte à basculer dans le désespoir, anticiper le pire ? Question plus intéressante encore au-delà de la maladie d'Alzheimer, quel est ce nouveau savoir médical qui procède en amont et en aval et, plus profondément encore, quelle est cette nouvelle lecture de notre être ?