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Rencontres et colloques

Éthique de la recherche, intégrité et responsabilités scientifiques en situation de crise sanitaire

État des lieux, analyses et propositions. 10 séances, d’octobre 2020 à mars 2021,18h-20h

Publié le : 27 Janvier 2021

Le séminaire

En partenariat avec le Cnrs, l’Inserm, l’Équipe recherches en éthique et épistémologie (CESP), le Département de recherche en éthique Paris-Saclay, l’Espace éthique de la région Ile-de-France, le Conseil pour l’éthique de la recherche et l’intégrité scientifique de l’Université Paris-Saclay propose un cycle de 10 rencontres sous forme de séminaire en visioconférences sur le thème : « Éthique de la recherche, intégrité et responsabilités scientifique en situation de crise sanitaire ». Ces séances ouvertes à tous seront clôturées par un Colloque « Vers une gouvernance internationale de la recherche éthique et responsable. Premiers enseignements de la pandémie Covid-19 ».
Philosophie du risque et stratégies d’anticipation, expertise et communication scientifiques en relation avec la décision publique, science ouverte et dialogue avec la société, interventions institutionnelles et régulations : autant d’enjeux qui concernent la vie démocratique et l’arbitrage des choix dans un contexte de crise sanitaire. Ce séminaire a pour objectif de favoriser les approfondissements et de proposer quelques lignes d’actions dans le cadre d’un dialogue interdisciplinaire associant praticiens et chercheurs.


 

Programme

1. Expertise scientifique et décision publique en situation de crise (I)

21 octobre 2020

Ouverture du cycle des 10 rencontres : Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale, président du Conseil pour l’éthique des la recherche et l’intégrité scientifique, Université Paris-Saclay

Coordination : Frédérique Coulée, professeure de droit public vice-présidente du Conseil pour l’éthique des la recherche et l’intégrité scientifique, Université Paris-Saclay
Avec la participation de :
  • Hervé Chneiweiss, neurologie, directeur de recherche au Cnrs, président du Comité d’éthique de l’Inserm
  • Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à la faculté des sciences de Sorbonne Université, président du Comité d’éthique su Cnrs
  • Pierre-Benoît Joly, Président du Centre Inrae Occitanie-Toulouse, membre de l’Académie des technologies
  • Claude Kirchner, directeur de recherche honoraire, Inria, président du Comité pilote d’éthique du numérique

La crise sanitaire majeure que nous vivons est révélatrice d’enjeux scientifiques qui ont gagné en visibilité et en prégnance dans ce contexte d’incertitude, d’évolutivité, d’accès à des savoirs provisoires parfois contradictoires, de conflits des expertises. S’impose à la communauté scientifique l’exigence d’un premier retour d’expérience afin d’analyser les causes de dysfonctionnements de nature à rendre plus complexe encore le rapport science/société. Qu’en est-il des conditions d’exercice de l’expertise en situation d’urgence sanitaire, de ses relations avec les décideurs, de la communication publique ? Quelle fonction revient aux instances académiques et institutionnelles dans les arbitrages et le souci de lisibilité démocratique du processus décisionnel ?

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2. Science ouverte intégrité, fiabilité scientifique

4 novembre 2020,

Coordination : Léo Coutellec, maître de conférences en épistémologie et éthique des sciences contemporaines, responsable de l’équipe Recherche en éthique et épistémologie, Université Paris-Saclay, INSERM, CESP U1018
Avec la participation de :
  • Agnès Henry, directrice générale, EDP Sciences 
  • Lucienne Letellier, membre du Comité d'éthique du Cnrs, chargée de mission pour la Mission à l'intégrité scientifique Cnrs, Institut de Biologie Intégrative de la Cellule, UMR 9198
  • Hervé Maisonneuve, médecin, spécialiste de la rédaction médicale, animateur du blog « Rédaction médicale et scientifique » (https://www.h2mw.eu)

De façon exceptionnelle, la crise pandémique a bouleversé le monde de la publication scientifique. C'est à un exercice grandeur nature de science ouverte auquel nous avons assisté, avec une extension sans précédent du domaine de la gratuité des publications, et une multiplication des dépôts en pré-print sur des archives ouvertes. Derrière sa défense d'un partage inconditionnel et universel du savoir et des productions scientifiques, ce que le mouvement Open science ambitionne de renouveler, c'est notre rapport à l'autorité scientifique et, in fine, notre façon d'évaluer la fiabilité des connaissances ; là où se posent inévitablement de nouveaux enjeux d'intégrité scientifique. La crise Covid-19 a rendu la réflexion éthique et épistémologique sur ce sujet plus que nécessaire.
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3. Communication de crise, crise de la représentation scientifique

18 novembre 2020
Coordination : Vincent Israël-Jost, Chercheur en épistémologie, Espace de réflexion éthique Île-de-France, Université de Paris-Saclay
Avec la participation de :
  • Carine Delrieu, directrice de la communication, Inserm
  • Pauline Oustric, doctorante en psychobiologie, présidente de l'association #ApresJ20 Covid Long France
  • Julien Pain, journaliste, France Info
  • Michèle Stanton, présidente du Comité consultatif sur la science responsable des fonds de recherche du Québec

Dès le début de la crise, des tensions sont apparues sur différents sujets liés à la connaissance scientifique : efficacité des masques et des médicaments, fiabilité des modèles épidémiques, etc. La manière dont les différents acteurs ont défendu leurs positions pose question, autant sur les vecteurs de communication (chaîne YouTube, preprints…) que sur l’image de la science proposée pour renforcer leurs positions (science collective ou élitiste ; régie par une méthode immuable ou à adapter aux circonstances…).

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4. Ce qui fait crise : la coopération et la coordination un impensé des dispositifs de préparation

2 décembre 2020

Coordination : Amélie Petit, docteure en sociologie, Chercheuse à l'Espace éthique d'Ile-de-France, Équipe Recherche en éthique et épistémologie, Université Paris-Saclay, INSERM, CESP U1018.
Avec la participation de :
  • Henri Bergeron* : directeur de recherche CNRS, Centre de Sociologie des Organisations de Sciences PoParis
  • Olivier Borraz* : directeur de recherche CNRS, Centre de Sociologie des Organisations de SciencesPo Paris
  • Patrick Castel : chargé de recherche FNSP, Centre de Sociologie des Organisations de SciencesPo Paris
*Co-auteurs de Covid-19 : une crise organisationnelle, Les presses SciencesPo, 2020

La crise de la Covid-19 fait ressortir les vulnérabilités des plans d’action dédiés à la gestion des crises sanitaires. Dès la fin de l’hiver dernier, la faible capacité des hôpitaux à faire face à un afflux de patients, la rupture des stocks de masques, la pénurie de gants et de gel hydroalcoolique, etc., ont révélé les manquements des Etats et des autres instances politiques en matière de préparation, et cela malgré l’expérience des crises passées et l’existence d’infrastructures spécialisées dans la gestion des urgences sanitaires. De façon générale, l’absence de consensus quant à la façon de répondre à cette crise, les difficultés rencontrées par les acteurs pour se coordonner et coopérer, un certain excès de confiance, une mauvaise lecture des signaux d’alerte et l’imposition d’un nouveau reconfinement nous invitent une fois de plus à interroger notre capacité à supporter un risque pandémique, tant en matière de prévention, qu’en en matière de précaution.
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5. Expertise scientifique et décision publique en situation de crise - Les comités scientifiques nationaux et leur rôle (II)

20 janvier 2021, 18h-20h

Coordination : Frédérique Coulée, professeure de droit public, Université Paris-Saclay.
Avec la participation de :
  • Laëticia Atlani-Duault : anthropologue, membre du Conseil scientifique Covid-19
  • Mylene Deschenes : directrice des Affaires éthiques et juridiques, Fonds de recherche du Québec
  • Jean-François Mattei, ancien ministre de la Santé, ancien président de l’Académie nationale de médecine (2020-2021), membre de l’Académie des sciences morales et politiques

Pendant la crise sanitaire, plusieurs pays ont, comme la France, mis en place un conseil scientifique spécialement chargé d’accompagner les autorités étatiques dans la prise de décision. Ces comités ont eu un rôle de légitimation des mesures imposées à la population parfois difficile à assumer. Même si des spécificités nationales ont été déterminantes dans leur action, une étude comparée permet d’envisager des similitudes entre eux quant à la place reconnue à l’expertise scientifique, quant aux difficultés rencontrées. L’attention portée à ces comités met en évidence, par contraste, le peu de place accordée aux données scientifiques par des Etats qui ont géré la crise sanitaire sans s’appuyer sur une expertise propre.
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6. Des institutions nationales et européennes sous tension (1)

3 février 2021

Coordination : Frédérique Coulée, professeure de droit public, Université Paris-Saclay.
Avec la participation de :
  • Valérie Michel, professeur de droit, Aix-Marseille Université
  • Virginie Pirard : responsable de la cellule éthique, Institut Pasteur, membre du Comité consultatif de bioéthique de Belgique
  • Didier Truchet : professeur émérite de droit, Université Panthéon Assas, président d’honneur de la Société française de droit de la santé.

La crise sanitaire de Covid-19 a mis sur le devant de la scène une expertise scientifique spécialement sollicitée par le pouvoir politique. Les institutions qui assument traditionnellement la mission d’évaluation éthique de la recherche (comités de protection des personnes/CPP, comités d’évaluation des registres/CER, Institutional Review Boards/IRB), les académies, les sociétés savantes, les personnalités scientifiques se sont également positionnées. La diversité, voire les contradictions, ont pu ressortir de cette pluralité institutionnelle. La réaction européenne commune face à la pandémie de Covid-19 prétend, quant à elle, faire converger les Etats vers une approche fondée sur la solidarité. Son rôle pourrait être central dans la construction d’une Europe de la santé respectueuse des personnes.
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7. Enjeux éthiques d’une prise en compte de l’expérience en contexte pandémique

17 février 2021

Coordination : Paul-Loup Weil-Dubuc, responsable du pôle recherche, Espace de réflexion éthique de la région Île-de-France, chercheur en philosophie, Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP), Inserm/université Paris-Saclay ; Clément Tarantini : anthropologue, équipe Recherche en éthique et épistémologie, Université Paris-Saclay, INSERM, CESP U1018

Avec la participation de :
  • Jean-Philippe Cobbault : directeur du Centre d’éthique médicale, Université Catholique de Lille
  • Romain Lutaud : médecin, anthropologue,
  • Clément Tarantini : anthropologue, équipe Recherche en éthique et épistémologie, Université Paris-Saclay, INSERM, CESP U1018

Il semblerait que, dans le contexte d’incertitude radicale de la crise pandémique, aussi bien au plan des connaissances (quels traitements utiliser ?) qu’au plan éthique (que faire ?), l’expérience ait été un refuge pour la plupart des professionnels du soin et de l’accompagnement. C’est le futur de ce recours inédit à l’expérience que nous interrogeons ici et plus particulièrement les conditions d’une acquisition ou d’une capitalisation de cette expérience. L’expérience pourrait se dilapider ou, inversement, se « durcir » en connaissances ou en aptitudes. Au cœur de cette analyse, qui doit mobiliser aussi bien des outils conceptuels qu’empiriques, l’étude des stratégies d’adaptation des intervenants face à la crise est centrale.

Lien de connexion :
https://eu.bbcollab.com/guest/fc39f9e83f2a4f0399d9c34ba01f8dfa
 

8. Des institutions internationales sous tension (2)

3 mars 2021

Coordination : Frédérique Coulée, professeure de droit public, Université Paris-Saclay.

Dans leurs champs de compétences respectifs, les organisations internationales ont tenté de favoriser la coopération internationale dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. En mobilisant l’expertise médicale internationale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a joué un rôle de premier plan pour accompagner les Etats dans la prise de décision. L’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) se sont également mobilisées. Les compétences déployées dans ces institutions multilatérales tendent à faire prévaloir une logique de solidarité, difficile à construire face à la tentation du repli des souverainetés.

Lien de connexion :
https://eu.bbcollab.com/guest/7a8994133b314335967d9e80c4100536
 

9. Philosophie du risque et stratégies d’anticipation

17 mars 2021

Coordination : Amélie Petit, docteure en sociologie, Chercheuse à l'Espace éthique d'Ile-de-France, Équipe Recherche en éthique et épistémologie, Université Paris-Saclay, INSERM, CESP U1018, Vincent Israël-Jost, Chercheur en épistémologie, Espace de réflexion éthique Île-de-France, Université de Paris-Saclay

Malgré le recours aux techniques de modélisation, aux courbes de tendance et aux calculs de probabilités, nul ne peut prévoir avec certitude le futur. Il est pourtant parfois difficile de faire autrement que de chercheur à l’anticiper pour mieux le contrôler, surtout lorsqu’il laisse présager la survenue d’une pandémie depuis que l’on sait que les grandes épidémies ont une dimension cyclique. Comment se prépare-t-on à une crise sanitaire dont on sait qu’elle surviendra mais sans en maîtriser ni le moment, ni l’ampleur ? Quelles prises avons-nous sur le futur pour réduire les incertitudes à des éléments connaissables et calculables ? À quelle échelle temporelle convient-il de raisonner ? Quels scénarios faut-il élaborer et retenir ? Sur quels dispositifs de surveillance s’appuyer et quels stocks de médicaments, de protections, voire de vivres faut-il constituer ? Comment mobiliser de manière féconde ce qui a été appris lors de crises précédentes, ou mis en œuvre avec succès dans d’autres pays ? Comment conjuguer le temps du savoir et celui de la décision ? Et que faire lorsqu’il est déjà trop tard, lorsque le futur est déjà-là ?

Lien de connexion :
https://eu.bbcollab.com/guest/ce8dc76dbd0b4770b60d301a2f1575c1 
 

10. La démocratie face à la crise

3I mars 2021
Coordination : Hervé Chneiweiss, neurologue, directeur de recherche au Cnrs, président du Comité d’éthique de l’Inserm


Qui décide en temps de crise ? Entre engagement du public et possibilité de chacun de choisir et décider, quelle dynamique de la démocratie en temps de crise sanitaire ?
Le Conseil Scientifique a-t-il dicté au politique sa conduite ou au contraire a-t-il manqué à son devoir de rendre compte publiquement des bases rationnelles de ses avis et d'animer le débat collectif.
 

Colloque Vers une gouvernance internationale de la recherche éthique et responsable - Premiers enseignements de la pandémie Covid-19

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