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Journée thématique Soin et spiritualité

Lundi 7 décembre 2015 – 9H-18H à l'Espace éthique IDF, Paris

Publié le : 19 Novembre 2015

Sous la direction de :
Nicolas PUJOL
Docteur en éthique médicale et en sciences des religions, enseignant à l’Espace de réflexion éthique de la région Ile-de-France, université Paris Sud
 
La spiritualité est devenue, dans nos sociétés sécularisées, un espace que chacun se donne le droit de circonscrire en fonction de sa propre sensibilité. Plus besoin d’appartenir à une tradition religieuse particulière, de dépendre de sa communauté de foi, de suivre ses règles préétablies… La spiritualité renvoie pour certains à la recherche d’un sens à la vie, à la maladie ou à la mort ; pour d’autres à l’intériorité indicible de l’homme sur laquelle éclot la dignité humaine ; pour d’autres encore à l’expérience intérieure du beau qu’ils peuvent faire à travers l’art ou la nature, etc.

En raison de sa grande malléabilité, l’objet « spiritualité » est ainsi devenu, depuis une petite vingtaine d’années, une source d’intérêt pour le monde médical. Prendre soin, ce serait être attentif aux patients dans leur globalité, incluant leur dimension spirituelle. Les concepts de « besoins spirituels » ; « bien-être spirituel » ; « souffrance spirituelle » rentrent peu à peu dans le langage de la médecine, en particulier par l’intermédiaire des soins palliatifs et des sciences infirmières.
 
Or, ces concepts bien pratiques prennent aussi le risque d’étouffer un rapport à la vulnérabilité et à la finitude de l’existence qui cherche à se dire et qui ne demande qu’à être entendu, plutôt qu’accompagné ou soigné. L’intérêt du monde des soins pour la question spirituelle, au lieu de constituer une nouvelle opportunité d’étendre le pouvoir médical sur un domaine qui lui était encore étranger, devrait peut-être nous inviter à faire œuvre de résistance pour signifier qu’au cœur du soin, il reste encore de la place pour du non-soin.
 
L’objectif de cette journée sera d’examiner, avec un regard éthique et épistémologique l’idée qui sous-tend ce champ de recherche émergent. Nous pourrions la formuler ainsi : les malades aux prises avec des pathologies graves ont des besoins qui dépassent le cadre du physiologique, du social et du psychologique. Une approche globale, à l’écoute de toutes les dimensions de la personne, doit donc s’ouvrir à cette dimension que la majorité appelle « spirituelle ».
 
En définitive, il s’agira de réfléchir à la question suivante : le monde des soins, dans le contexte français, doit-il faire de la spiritualité des patients atteints de maladies graves l’objet de son attention ?

Le 7 décembre de 9h à 18h
Porte 9, Hôpital Saint Louis, 1 rue Claude Vellefaux

Inscriptions