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Le vieillissement : Questionnements à la croisée de l’éthique et de l’économie

Le 3 février à l'Université Paris-Dauphine

Publié le : 25 Novembre 2019

Coordination scientifique :

Sandrine Dufour-Kippelen, Maître de conférences en économie, Université Paris-Dauphine PSL, LEDa-LEGOS

Fabrice Gzil, Docteur en philosophie, Responsable des réseaux, Espace éthique de la région Ile-de-France

Clémence Thébaut, Maître de conférences en économie, Université de Limoges, Chercheure associée au LEDa-LEGOS

Paul-Loup Weil-Dubuc, Docteur en philosophie, Responsable de la recherche, Espace éthique de la région Ile-de-France

Le vieillissement. Questionnements à la croisée de l’éthique et de l’économie

Cette journée, organisée par l'Espace éthique Ile-de-France et l'Université Paris-Sud en partenariat avec l’Université Paris-Dauphine PSL et le LEGOS (Université Paris-Dauphine), sera la sixième édition du cycle des journées « éthique, économie et santé ».

Trop souvent, la réflexion éthique se pose en « supplément d’âme » de l’économie, voire, de façon plus absurde encore, purement et simplement contre elle. Les journées de réflexion « Éthique, économie, et santé » sont nées de l’idée que l’éthique ne doit pas déserter le champ de la création et de la répartition des biens et assumer que les choix dans ce domaine engagent un arbitrage entre valeurs.

Cette année, il s’agira de poser les enjeux indissociablement éthiques et économiques auxquels nous confronte le vieillissement des sociétés. Nous ciblons quatre thématiques qui nous semblent essentielles.

  1. Repenser nos systèmes de solidarité sociale à l’épreuve du vieillissement.  En France, l’annonce d’une loi sur la dépendance rend urgent et essentiel ce questionnement. Face à l’augmentation de la proportion de personnes retraitées et de personnes dépendantes, plusieurs stratégies d’adaptation de nos systèmes de solidarité peuvent être envisagées, en tension ou en complémentarité : l’approche assurantielle (création d’un cinquième risque), l’approche ciblée sur l’aménagement des cadres de vie (urbanisme, architecture, transport, éducation citoyenne, etc.).
  2. Face à la dépendance, comment valoriser le travail de l’aide à la personne ? Le travail de l’aide au domicile ou en institution est aujourd’hui en grande partie assuré par les personnes défavorisées socialement et immigrées. Cette situation est problématique à plusieurs égards. Elle témoigne d’une triple dévalorisation : celle du travail de l’aide en premier lieu, parfois qualifiée de dirty work, et par ricochet, celle du travailleur et celle de la personne aidée. Comment penser les conditions éthiques et économiques d’une valorisation du travail de l’aide ?
  3. Ce que l’argent ne saurait acheter : réflexions éthiques sur la silver economy. La silver economy est souvent présenté comme une opportunité pour l’économie des sociétés vieillissantes. Il reste que l’avancée en âge place les personnes dans une position d’asymétrie de pouvoir à l’égard de la grande diversité des offres qui leur sont faites du fait même de leur âge (EHPAD, technologies numériques, services à la personne, etc.). La question se pose alors de savoir comment permettre aux personnes âgées de rester maîtres du jeu, compte tenu des enjeux financiers et économiques impliqués par leurs choix de vie.
  4. La longévité est-elle une valeur sociale ? La longévité – le fait de vivre longtemps – peut être considérée comme une valeur sociale implicite de nos sociétés vieillissantes. Elle peut toutefois être mise en tension avec la valeur du bien-être ou de la qualité de vie, celle de la personne vieillissante elle-même et de tous les aidants, familiaux ou professionnels. Ces tensions se manifestent dans un certain nombre de dilemmes éthiques aussi bien à l’échelle sociale qu’à l’échelle familiale.

Inscriptions

 

Programme

9h15-9h30 : Introduction

Emmanuel Hirsch, Directeur de l’Espace éthique de la région Ile-de-France, Professeur en éthique médicale, Université Paris-Sud Paris-Saclay

Sandrine Dufour-Kippelen, Maître de conférences en économie, Université Paris-Dauphine PSL, LEDa-LEGOS

 

9h30-11h Table ronde no1 : Repenser nos systèmes de solidarité sociale à l’épreuve du vieillissement. 

En France, l’annonce d’une loi sur la dépendance rend urgent et essentiel ce questionnement. Face à l’augmentation de la proportion de personnes retraitées et de personnes dépendantes, plusieurs stratégies d’adaptation de nos systèmes de solidarité peuvent être envisagées, en tension ou en complémentarité : l’approche assurantielle (création d’un cinquième risque), l’approche ciblée sur l’aménagement des cadres de vie (urbanisme, architecture, transport, éducation citoyenne, etc.).

 

Modération : Sandrine Dufour-Kippelen

Roméo Fontaine, Chercheur en économie, Institut National d’Études Démographiques

Catherine Ollivet, Présidente du Conseil d’Orientation de l’Espace éthique Ile-de-France, France Alzheimer 93

Paul-Loup Weil-Dubuc, Docteur en philosophie, Responsable de la recherche, Espace éthique de la région Ile-de-France

 

11h-11h30 : Pause

11h30-13h Table ronde no2 : Face à la dépendance, comment valoriser le travail du care ?

 Le travail du care, au domicile ou en institution, est aujourd’hui parfois assuré par des personnes socialement défavorisées, ou récemment arrivées en France, qui peuvent être elles-mêmes dans une situation de vulnérabilité ou de précarité. Cette situation est problématique à plusieurs égards. Elle pourrait témoigner d’une triple dévalorisation : celle du travail de l’aide en premier lieu et par ricochet, celle du travailleur et celle de la personne aidée. Comment penser les conditions éthiques et économiques d’une valorisation du travail de l’aide ?

 

Modération : Clémence Thébaut

Alexandra Garabige, Chercheure en sociologie, CNAM

Sebastian J. Moser, Chercheur en sociologie, Labex Distalz, Université Paris-Sud Paris-Saclay

Emmanuel Petit, Professeur de sciences économiques, Université de Bordeaux

 

13h-14h30 : déjeuner libre

14h30-16h Table ronde no3 : Ce que l’argent ne saurait acheter : réflexions éthiques sur la silver economy.

La silver economy est souvent présenté comme une opportunité pour l’économie des sociétés vieillissantes. Il reste que l’avancée en âge place les personnes dans une position d’asymétrie de pouvoir à l’égard de la grande diversité des offres qui leur sont faites du fait même de leur âge (EHPAD, technologies numériques, services à la personne, etc.). La question se pose alors de savoir comment permettre aux personnes âgées de rester maîtres du jeu, compte tenu des enjeux financiers et économiques impliqués par leurs choix de vie.

 

Modération : Fabrice Gzil

Solène Brugère, Avocate au Barreau de Paris, Membre du Conseil de l'Ordre des avocats, b Ethics Avocats

Raphaël Rogay, Doctorant en science politique à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne

Benjamin Leroux, Responsable animation & développement des territoires, Direction action nationale Cnav

Jean-Baptiste Faure, Président de Savoirs Patients, Administrateur de l’association Old Up Occitanie

16h-16h30 : Pause

 

16h30-18h : Table ronde no4 : La longévité est-elle une valeur sociale ?

La longévité – le fait de vivre longtemps – peut être considérée comme une valeur sociale implicite de nos sociétés vieillissantes. Elle peut toutefois être mise en tension avec la valeur du bien-être ou de la qualité de vie, celle de la personne vieillissante elle-même et de tous les aidants, familiaux ou professionnels. Ces tensions se manifestent dans un certain nombre de dilemmes éthiques aussi bien à l’échelle sociale qu’à l’échelle familiale.

Modération : Paul-Loup Weil-Dubuc

Philippe Gutton, Professeur en psychiatrie, psychanalyste, Président de l’association Old Up

Fabrice Gzil, Docteur en philosophie, Responsable des réseaux, Espace éthique de la région Ile-de-France

Clémence Thébaut, Maître de conférences en économie, Université de Limoges, Chercheure associée au LEDa-LEGOS

Anne Caron-Déglise, Avocate à la Cour de cassation