Prise en charge du surpoids et de l’obésité infantile

S’engager dans la prise en charge de l’enfant en surpoids implique d’avoir pu apprécier tous ces facteurs, de pouvoir les aborder au fur et à mesure de la prise en charge dans une compréhension et une empathie avec l’enfant.

Par : Patricia Lubelski, Pédiatre libérale | Publié le : 27 Septembre 2013

La prise en charge du surpoids et de l’obésité de l’enfant est une démarche particulière impliquant de reconnaitre l’enfant et sa famille dans leur singularité.
Cette démarche est commune à toutes les prises en charge chez l’enfant où le soin intègre la santé au sens large avec l’environnement familial, scolaire et social et le bien être. Sa particularité est d’intervenir chez un enfant  qui se perçoit ou qui est perçu comme étant en bonne santé, les conséquences  se faisant sentir la plupart du temps à l’âge adulte
Les facteurs sont multiples et l’analyse patiente et partagée par la famille et l’enfant est un point fondamental. Les éléments intervenant sont l’affectif, avec les représentations autour de l’alimentation et de sa fonction dans la famille, l’histoire familiale, le terrain génétique favorisant la prise de poids, les représentations sociales et les facteurs socio-économiques, l’éducation (possibilité de poser un cadre éducatif et de dire non à l’enfant).
S’engager dans la prise en charge de l’enfant implique d’avoir pu apprécier tous ces facteurs, de pouvoir les aborder au fur et à mesure de la prise en charge dans une compréhension et une empathie avec l’enfant. De pouvoir apporter le soutien à la famille qui va progressivement intégrer dans sa vie quotidienne des changements portant sur l’alimentation et l’activité quotidienne, sans créer de tensions durables, de stigmatisation de l’enfant ou de souffrance, tant chez l’enfant que chez les membres de sa famille.
 

L’importance du contexte

Le but a atteindre n’est pas une corpulence idéale normative, mais est fonction de chaque enfant, du degré de surpoids ou d’obésité et de la demande de soin, tout en gardant à l’esprit que le rôle du médecin est de prévenir les complications futures liées à la pathologie ou d’empêcher l’enfant d’atteindre un état pathologique difficilement réversible et ayant des conséquence sur sa santé future.
Le médecin doit se garder de projeter ses critères et fixer des objectifs validés atteignables, qui permettent un meilleur avenir sur le plan de la santé à l’enfant et une bonne estime de lui.
C’est le contexte autour de l’enfant qui lui permettra de fixer ces objectifs. Il faut être conscient que les difficultés socio-économique peuvent freiner une prise en charge structurée du fait de la difficulté d’accès à certain soins ou recommandations. Par exemple : l’accès à la diététicienne, l’accès aux activités sportives ou la restriction de l’activité physique par manque de disponibilité familiale. La réflexion doit s’étendre alors aux types de prise en charge, plus collective et sociétale, qui pourraient être  proposées pour amener le soin dans des situations d’exclusion.