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Séminaire éthique de la recherche 2021-22 : De quelle science avons-nous besoin ?

En partenariat avec le Cnrs, l’Inserm, l’Équipe recherches en éthique et épistémologie (CESP), L’institut d’étude de droit public Paris-Saclay, le Département de recherche en éthique Paris-Saclay ; le Conseil pour l’éthique de la recherche et l’intégrité scientifique de Paris-Saclay et l’Espace éthique de la Région Ile-de-France proposent un cycle de 8 rencontres sous forme de séminaire sur le thème : « Éthique de la recherche, intégrité et responsabilités scientifique en situation de crise sanitaire ».

Par: Espace éthique/IDF /

Publié le : 24 Septembre 2021

Programme du séminaire

10 séances entre octobre 2021 et juin 2022

La crise liée à l'émergence du SARS-CoV-2 a rendu manifestes des questions relatives à la recherche scientifique qui étaient jusqu'ici latentes. Depuis le début de cette crise ont été pointés divers problèmes liés à l'anticipation, à l'organisation, à l'évaluation et à la diffusion du travail des scientifiques, à la gestion des controverses, à la communication ou encore à la gouvernance.
Après une première série de rencontres en ligne organisée en 2020-2021, nous poursuivons l'exploration de ces thématiques en posant cette question : de quelles sciences avons-nous besoin ? Car nous avons certainement désappris depuis mars 2020 l'évidence d'une science monolithique que l'on pouvait imaginer rodée et capable d'avancer en diffusant régulièrement ses résultats à la société. Au contraire, tout semble aujourd'hui mettre les acteurs du monde scientifique en tension. Il convient donc de réinterroger en profondeur la notion même de science, ses représentations, ses méthodes et ses pratiques.
Début 2022, pour approfondir cette réflexion au plan international nous organiserons, en partenariat avec l’Institut Pasteur,  le 1er  colloque « Éthique et gouvernance internationale de la recherche. Les enseignements de la pandémie de Covid-19 ».

 

En situation de pandémie, de quelle science avons-nous besoin ?

Soirée d’ouverture
Lundi 11 octobre 2021, La Bellevilloise (Paris), 18h-20h

Rencontre avec Didier Pittet
Médecin chef du service de prévention et contrôle de l’infection et directeur du Centre Collaborateur pour l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la sécurité des soins, Hôpitaux Universitaires et Faculté de Médecine de Genève, président de la Mission indépendante nationale sur l’évaluation de la gestion de la crise Covid‑19 et sur l’anticipation des risques pandémiques


Discutants

Lila Bouadma
Professeure de réanimation médicale, Service de médecine intensive et réanimation infectieuse, Hôpital Bichat - Claude-Bernard, AP-HP, membre du Conseil scientifique Covid-19

Philippe Amouyel
Professeur de santé publique, ancien directeur de l’Institut Pasteur de Lille, directeur du laboratoire d’excellence Distalz

Léo Coutellec
Maître de Conférences en éthique etépistémologie, CESP/Inserm/Paris-Saclay

Présentation
Emmanuel Hirsch
Professeur d’éthique médicale, président de POLÉTHIS, Université Paris-Saclay
 

Une science plurielle ? Pluralité scientifique

Lundi 15 novembre 2021, 18h-20h

Les tensions que la crise a rendu manifestes renvoient généralement à une pluralité. Pluralité d'avis, de méthodes, de ce qu'est la bonne science ou encore pluralité dans l'évaluation de ce que devraient être nos priorités. Ne faut-il pas dès lors cesser de se référer à la science – ou à la communauté scientifique – et admettre qu'il y a dans ces pluralités une matière qu'il convient d'articuler plutôt que de nier ? Au-delà du constat de ces pluralités, ne faut-il pas œuvrer à construire une philosophie politique du pluralisme scientifique ?

Avec la participation de
Marie Gaille
Philosophe, Directrice de recherches au CNRS, Directrice de l'Institut des sciences humaines et sociales au CNRS

Daniel Benamouzig
Sociologue, Directeur de recherche au CNRS, Titulaire de la Chaire Santé de Sciences Po etChercheur au Centre de Sociologie des Organisations (CNRS et Sciences Po), Membre duConseil scientifique Covid-19

Léo Coutellec
Philosophe, Maître de conférence à l'Université de Paris-Saclay

Inscriptions à la soirée

Expertise, concertation et décision

Lundi 13 décembre 2021, 18h-20

Parmi les tensions qui ont compliqué l'avancée dans cette crise figure la concurrence parfois illisible entre les discours de différents experts. Dès lors, le bénéfice de l'expertise, qui est de synthétiser l'état d'un débat scientifique pour y voir plus clair, a été souvent perdu lors de la confrontation entre experts. Comment dès lors penser l'expertise dans une perspective qui apporterait efficacité et lisibilité ? Comment faire remonter les savoirs précieux de ceux qui n'ont pas la prétention de se faire appeler « experts » ?

Redéfinir les sciences

Lundi 10 janvier 2022, 18h-20

Au cours de la crise, nos représentations de la science ont perdu en cohérence et en lisibilité. On a évoqué une image ternie de la science, jugée incapable de répondre aux défis de cette pandémie. Un an après, faut-il effectivement réajuster nos représentations de ce que sont et de ce dont sont capables les sciences ? Ou alors faut-il au contraire juger que les succès rencontrés depuis ne justifient pas retour d’expérience ? En arrière-plan de ces questions, c'est la capacité et la légitimité d'autorégulation de la science qui est jeu.

Communiquer sur les sciences

Lundi 7 février 2022, 18h-20

La communication autour des sciences a joué un rôle crucial dans le suivi de cette crise, notamment à travers les informations et recommandations communiquées aux citoyens. Mais sur ce plan, le public a été confronté à des grandes difficultés, mis devant diverses contradictions et parfois contraint de juger dans l'arbitraire à qui accorder sa confiance. Comment peut-on dès lors envisager une meilleure régulation de la communication et une meilleure imperméabilité aux discours inspirés d’une idéologie du complot, sans réduire ou appauvrir la diversité nécessaire des sources ?

Penser l'incertitude

Lundi 7 mars 2022, 18h-20

Confrontées en début de crise à de nombreuses incertitudes, sur le virus, sur les traitements, public et décideurs ont été contraints d'apprendre à raisonner et à décider dans le flou. Mais il convient aussi de poser des distinctions entre l'incertitude ‘’saine’’, posée par une investigation en cours ou légitimement constatée eu égard à la complexité d'une situation, et celle qui est artificiellement entretenue par intérêt ou manque d'intégrité de certains acteurs. Le cours du temps permet-il de résoudre les unes aussi facilement que les autres ?

Publication, open science

Lundi 4 avril 2022, 18h-20

L'une des grandes nouveautés pour la recherche scientifique porte sur la manière et la vitesse dont les résultats scientifiques ont été diffusés, à la fois dans les revues scientifiques et ce au prix d'un risque pris quant à la qualité des évaluations, mais aussi sur des archives ouvertes en prépublication. Ce modèle invalide-t-il au moins en partie celui des revues traditionnelles ? Les deux voies doivent-elles être pensées de manière complémentaire ? Comment la hiérarchisation des contenus scientifiques peut-elle désormais être envisagée ?

Les paradoxes de l'anticipation

Lundi 9 mai 2022, 18h-20

Dès le début de la crise ont été pointées des négligences quant aux efforts scientifiques qui auraient permis de mieux anticiper, voire de prévenir, la pandémie (étude des coronavirus, de leur transmission inter-espèces, etc.). Pourtant, dès que l'on s'engage dans l'anticipation et la prévention et que l'on y investit les moyens nécessaires, on s'expose aux critiques qui pourront pointer l'inefficacité des mesures en cas de survenue de la catastrophe, et leur inutilité en cas de non-survenue d'un événement jugé impossible. Comment mieux préparer nos sociétés à investir dans l'anticipation ?

Les régulations éthiques de la recherche. De nouvelles structures à inventer ?

Lundi 13 juin 2022, 18h-20

S’il importe, comme on l’a fait au cours de ce séminaire, de mieux comprendre « de quelle science avons-nous besoin » en situation de  crise sanitaire, encore est-il nécessaire de créer les conditions favorables à l’exercice d’une science responsable, soucieuse en toutes circonstances des valeurs dont les chercheurs et les institutions doivent être les garants. Les instances d’éthique de la recherche ont-elles à proposer des repères repensés à la suite de ces temps d’incertitudes et parfois d’équivoques ? Comment parvenir, dans le cadre d’une concertation, à  restaurer un rapport de confiance constructif entre science et société ?

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